° ° T i T e B u L l E ° °

°Tite bulle° a quitté la terre pour retrouver son nouveau pays : l'imagination. Elle rencontre pleins de nouveaux copains : le dessin, le piano et surtout une bonne dose de littérature.

26 mai 2008

°~~ ChApItRe XV ~~ eXtRaIt ~~°

Retour en arrière le temps d'un bout de roman, je l'avais un peu mis de côté, peut-être par honte ou peut-être juste par oublis, parce que d'autres choses nous arrivent en pleine figure et qu'on n'a d'autres choix que d'y faire face, "retardant à demain tout ce qu'on aurait pu faire le jour même" . . .

Enfin voilà, un extrait que j'aime bien, je ne sais même pas si je ne l'ai pas déjà mis mais qu'importe, je ne pourais jamais faire autant d'hommage à mon grand-père qu'il le mérite (L) ::

Mafie, c’est le diminutif que mon grand-père emploie pour m’appeler. Cela signifie ma petite-fille. J’adore ! Ici, j’oublie mon véritable prénom. Tout le monde l’oublie et c’est mieux comme cela. Les douces paroles de mon grand-père me réveillent. Je suis en train de pleurer, presque malgré moi, pour ce chêne. Je ne réponds rien. Peut-être parce qu’il n’y a rien à répondre. Je ne veux pas que mon grand-père ne s’inquiète. Je sèche mes larmes. Ma grand-mère ajoute juste que ces quelques pleurs sont sans doute les quelques peines d’une trop longue absence. Quelle absence ? Celle de ma mère ? Celle de mon père ? Les deux ? Moi-même je ne sais répondre. Mais je sais qu’elle a raison. C’est une sage. Je l’écoute. Le silence que j’ai rompu est très vite retrouvé. La demeure se fait muette. La mouche est morte et mes sanglots ont cessé.

Je prends le journal. Passe-temps. Je n’aime pas les journaux mais je lis, que faire d’autre de toute façon ? J’ouvre et je tombe sur les pages sport. Je me moque du sport. Je me moque des athlètes. Je me moque même de leur richesse. Je pense qu’ils ne la méritent pas. Je tourne la page. Petites annonces. Alors là, j’ai honte ! Je trouve ces gens idiots et sans sentiment. Même si je n’ai pas de vrais amis, je sais que le meilleur moyen d’en avoir est d’aller leur parler, leur sourire et peut-être même les faire rire. Ah ! Ce rire si cher qui a disparu depuis bien longtemps de mon univers. Je lis : Jeune homme, 35 ans, mince et brun, souriant et aimable cherche jeune fille amusante et séduisante. Femme de 40 ans attend prince charmant. Bel homme veut s’offrir rendez-vous avec la plus mignonne. Qu’est-ce qu’un homme aimable ? Si ce dernier cherche une femme c’est sûrement pour la laisser tomber deux jours après et noter son nom sur sa belle liste bien propre. Mais comment ces femmes si charmantes soient-elles peuvent accepter cette offre sans réfléchir ? Peut-être parce qu’elles n’ont jamais étaient trompées. Ou bien parce qu’elles aussi ne savent pas aimer. Elles aussi veulent se cacher. Et elles aussi ont peur de ces hommes sans cœur. Je repose ce journal. Je n’aime toujours pas les journaux. Plus de passe-temps. C’est mieux comme cela.

La pause qu’ils se sont accordés ne dure pas longtemps. Le temps est précieux. Trop précieux pour en perdre une seule seconde. Tout le monde se lève. La fainéantise est terminée. Pourquoi ruminer encore et encore ? Pourquoi s’user sur une chaise de bois ? Pourquoi compter les rainures du bois comme on compterait ses propres rides ? Les rides de mon grand-père, elles, sont des rides de vie, des rides de travail, des véritables rides de douleur. Mais cette douleur, il ne s’en plaint pas. A présent, il ne la sent plus. A-t-il trop souffert. Je ne pense pas. Il a aimé son travail et l’aime toujours malgré ses mauvais côtés. Côtés oubliés, côtés auxquels il n’a jamais rien reproché finalement. Il les accumule seulement sur sa peau. Une peau tirée. Je lis son histoire au coin de ses yeux. Ces traits creusés dessinent un paysage, long chemin parsemé d’embûches. Je suis fière de son chemin. Une grande fierté pour un grand-père.

Il est parti. Parti on ne sait où. A travers champ certainement, au milieu de son troupeau. Il est libre, sans contrainte. Grand-mère et moi allons partir aussi.

____________________________________
bonne lecture ?
°titebulle

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04 février 2007

°_° JoA °_°

GrAnD eXtRaIt d'un roman un peu mis de côté  ces dernier temps c'est vrai... certainement aussi par manque de temps... enfin voilà_chapitre 8::
''''''retour vers joachim (m.m. c'est toujours pour toi ;-D) et petite réflection sur la vie...comme souvent!^^''''''

A l’école, j’oublis tout, ou presque. Je crois que c’est le seul lieu où je suis bien finalement. Un lieu simple. Un lieu calme. Pourtant, des insultes volent à mon égard, très souvent. J’essaie de ne pas les écouter. Je ne veux même pas les entendre d’ailleurs. Je me moque d’eux. Ils ne savent faire que ça, rire. Ont-ils déjà réfléchi à ce que leur réserve leur avenir ? Non. Ils n’en savent rien. Ils ne veulent pas y penser. Moi, j’y pense tout le temps. Parce que moi, j’ai eu mal et je sais que j’aurais mal encore demain. Et puis après-demain ? Encore. L’école m’a au moins appris à réfléchir, à me questionner. Après, le français et les mathématiques. Pour réussir, il faut y mettre du cœur. Moi, je n’ai plus de cœur depuis longtemps. Alors je ne réussis pas. Peut-être que j’aime bien. Mais avec une maîtresse qui crie, je me renferme. Comme dans la vie, je me renferme.

C’est bizarre la vie. Un jour tu es bien, presque trop bien je dirais. Mais le lendemain, tu seras mal, bien trop mal pour en parler. Et tout le monde te tourne autour. Comme un manège. Et toi, tu as si mal que tu aimerais en finir. En finir avec cette vie. Mais tu ne peux pas. Peut-être n’as-tu pas le courage. Ou peut-être tu as du courage et tu penses à ce qui t’a fait du mal et tu te dis Il faut l’affronter, pour de bon ! La vie, c’est bête aussi. Tu l’acceptes, mais elle, elle ne t’acceptera jamais. C’est ainsi. Elle a bien trop peur de toi. Elle a bien trop peur que tu la rejettes, que tu la piétines même. D’ailleurs tu en as souvent envie. Puis dans ces moments-là, c’est elle qui te sourie, pour se faire pardonner. Et tu pardonnes. C’est ainsi. La vie c’est également mesquin. Ca te dis de vivre tant de temps et quand elle en a assez de te voir, elle te dit Part ! et tu pars. En silence. En fait, la vie c’est trois choses : la naissance, la mort, et entre les deux, du vide. Elle te laisse le remplir, comme une promesse. Tu peux y mettre des souvenirs, souvent remords. Tu peux y mettre des avenirs, souvent irréalisables. Mais t’y mets tout le temps, de la joie, de la peine, de la peur, et même de la souffrance. Mais tout cela, elle n’y est pour rien. Elle te laisse remplir ton vide, n’oublis jamais, elle te laisse le remplir.

[…] Joa ? Sûrement un diminutif. Mais qu’est-ce que c’est joli Joa comme surnom ! Le mot glisse, se souffle presque. J’aime. J’aime le bruit du ‘j’, ce murmure, suivi de deux voyelles parfaitement opposées, mais tellement bien accordées. Comme un son sur les cordes de ma lyre. Comme une nouvelle mélodie. Et puis, lorsqu’il est prononcé un peu vite, le ‘o’ et le ‘a’ forment un brassage sublime et nous donne le mot joie. La joie. Un sentiment bien longtemps oublié. Une longue absence. Il revient. Je n’ai pas répondu à la question posée mais en échange, je montre un sourire, un sourire de joie. […] Ensuite, nous parlons. Longtemps peut-être. Je ne sais pas. Je me sens bien auprès de lui. Il me dit des choses dures d’ici, de la rue. Il me dit qu’il a souffert. Je le crois. Peut-être plus que moi. Peut-être moins que moi. Il n’a pas l’air de s’en vanter, alors je l’écoute. Attentivement. Je le comprends. Il me dit qu’ici, il ne vit plus. Qu’il n’est que fantôme. Je le plains. J’ai mal pour lui. Il me dit qu’heureusement je suis arrivée là, au bon moment. Il dit que maintenant il espère. Il espère une vie meilleure. Je lui réponds que je n’ai rien fais. Il dit que si. Il dit que je suis venue comme une petite sœur au milieu de nulle part. Il dit que ça lui fait du bien. Je lui réponds qu’il peut compter sur moi, et qu’il sera mon grand frère, pour la vie. Il me dit qu’il ne me connaît pas. Je lui réponds que moi, je le connais beaucoup plus que ce qu’il croit. Il dit : « je sais ». Il sourie. Je suis dans ses bras. Je sais que sous son air rebelle, il est faible et essaie malgré tout de cacher les couteaux qu’on lui à enfoncer dans la peau, sans scrupule. Maintenant nous sommes liés. Liés par ce qu’il m’a dit. Moi je n’ai fait qu’écouter. Comme toujours. Je cache toujours mon mal. Il est bien trop grand et compliqué pour être dévoilé et tout simplement compris. Mais il s’en moque. Il est bien avec moi. Je suis bien avec lui. Avec le temps et la confiance, je parlerais peut-être. Je ne le vois pas comme un ami. C’est un frère. Oui, un grand frère. […] Nous sommes des gens de brouillard.

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03 décembre 2006

°/\°_La FuGuE_°/\°


:: long, long, long extrait... une fugue... une liberté... _chapitre 7 ::
Bon, le chapitre 7 n'est pas entier mais j'en mets ici une grande partie (le début). Donc voilà, comme s'est écrit en haut, c'est une fugue.. une fugue préparée.. une liberté à prendre, une liberté réfléchie.. bref, une fugue! Pour expliquer un peu la fin du chapitre, ma ptite fille est bien rentrée chez elle, c'est un gendarme qui la ramène après une rencontre avec deux paysans -> la fin est beaucoup moins intéressante quoi!

Ce dimanche n’a pas été le seul à être triste. Assise sur mon lit, je me rappelle surtout d’un autre dimanche : celui de son départ. Il était cinq heures dix minutes. Les enfants sont couchés, enfin c’est ce qu’il croyait. J’étais bien debout car je m’en doutais, la dispute de la veille, les paroles lancées sans regret. Dans ma tête il y avait tellement de pensées qui se bousculaient. Les étoiles de la nuit m’avaient gardé éveillée. Je m’en souviendrais certainement toute ma vie. Ma seule question : pourquoi est-il parti ? J’ai entendu claquer la porte mais les mots, ce matin-là, n’avaient sûrement pas leur place. Je suis descendue avec hâte et la porte tremblait quand je suis arrivée devant ma mère. Je lui dédis toutes les fautes, peut-être que c’est injuste mais je ne peux m’en empêcher. Je me rappelle seulement du ton de sa voix, des mots qu’il murmurait à mon oreille pour me rassurer. Le jour où il a claqué cette porte, son visage a disparu, aucun trait ne m’est revenu. Le brouillard est tombé peu de temps après. Ce brouillard, je le retrouve aujourd’hui, moche dimanche. Les pleurs de ma mère, les cigarettes, les crises se multipliant, les mauvaises notes à l’école, les a-t-il vécus lui ? Non. A-t-il eu une pensée pour nous ? Je ne pense pas. Le jour où il a claqué cette porte, il nous a dit adieu. Le jour où il a claqué cette porte, des yeux, il s’est excusé mais qui l’aurait cru ? Le seul souvenir est cette poupée horreur. Elle est là contre ma poitrine. Je ne pleurs pas mais j’ai honte de moi, encore une fois.

          Je regarde le haut de ma chambre. Le paysage défile sous mes yeux même si le plafond est totalement uni. Je suis seule. Je n’aime pas rester dans cette maison. Elle n’apporte que du malheur. Il stagne au-dessus de notre carré de pelouse qui occupe une petite place dans le quartier. Il a rencontré notre destin, bien charitable, bien nourrissant. Les évènements de ses derniers jours repassent tous l’un après l’autre sur cet écran qu’est mon plafond. J’ai envie de pleurer mais je ne sais plus faire. J’ai oublié la méthode. Demain, je ne serai pas ici. Je vais m’en aller. J’en ai assez de m’occuper de ma mère. Pour une fois, c’est à moi que je vais faire attention. Partir, ne pas revenir. Ma mère ne s’en apercevra pas puisqu’elle sera certainement tombée dans son paradis de fumée. Je préfère la laisser. Si elle refait une crise, j’y laisserai ma vie pour la sauver. Alors je pars. C’est peut-être égoïste, lâche. Voilà, lâche, comme mon père. Ma mère subit tous les jours et c’est pour cela que je ne lui en voudrais jamais. Elle souffre et cette souffrance la tue.

          La poupée horreur recommence à parler. Elle me dit de fuguer demain. Je me laisse faire. Les arguments défilent mais ils se regroupent en une seule phrase : je serai libre, enfin. Elle paraît gentille, la voix douce tant que je ne m’énerve pas. La fenêtre reste ouverte cette nuit. C’est très tôt que je suis sortie. La liberté qui attire en ouvrant ses portes, les draps suspendus noués entre eux, tout est si facile. Silencieuse, je cherche les regards, l’angoisse monte mais les rues sont bien vides. Je n’ai pas envie d’effacer mes traces. Tout est laissé idem. La fugue est évidente mais qu’importe, je suis partie. La découverte me happe, elle tire mes pas vers l’inconnu. Je me sens vivante, unique. Je ne sais pas où je me dirige. J’ose à peine aventurer mon regard sur le paysage alentour. Je fixe tout simplement devant moi. Je m’imagine sur un sentier entouré des deux côtés d’une rangée d’arbres, de chênes. Ils me protègent tous. Leurs racines sont apparentes. Ils ressemblent particulièrement à celui de mon école. Ce chemin est tranquille, personne ne le connaît. Il n’existe que dans mon imaginaire. Ma conscience l’a créé mais elle ne le prêtera jamais.

          Je sors de mes rêves. Devant moi, une autoroute. Les voitures se précipitent. Le bruit est intenable. Je place mes mains sur mes oreilles. Je veux revenir dans mes pensées. Leur beauté me manque. Mais impossible. Le bruit rentre et envahit mon corps. Il tourne. Les roues qui sifflent sur le bitume mouillé. Aïe ! La sirène d’une ambulance passe de mon oreille droite à ma gauche. En une seconde, le son s’atténue. Elle n’est même plus présente dans mon champ de vue. Moi, je me trouve dans un pré. L’autoroute s’est construite là, entourant la nature, l’emprisonnant, l’écrasant. J’écarte mes bras et pivote sur moi-même en me disant que la vie est belle. Mais une pensée me traverse : et le monde ? Le monde n’est pas beau, il est sali, pollué, et épuisé de résister. Il souffre.

En face de moi, un tunnel traverse sous l’autoroute. Je m’y dirige en marchant calmement. Je ne pense pas aux éventuelles poursuites que pourrait entraîner ma fuite. L’herbe est haute mais un peu jaunie de la dernière éclaircie. Justement, le brouillard se lève, le ciel se découvre. C’est ma liberté qui se réveille. Place à la vie ! Je cours. Mon regard se pose sur l’horizon. Je ne vois plus l’autoroute, elle est maintenant loin dans mon dos. J’ai franchi le tunnel. Je suis presque perdue. Je me sens enfin bien. L’inspiration me vient tout à coup. Je stoppe ma course. Je sors ma lyre. Elle me suit partout où je vais, quoi que je fasse. Et le moment est venu, le temps ne doit pas être gaspillé. Mes doigts se posent délicatement sur les cordes tendues. Ils caressent l’instrument : c’est le bon temps. Puis soudain, ils accélèrent, se précipite : c’est la première crise de ma mère. Ils racontent ma vie sous une tonalité différente. Cette différence permet de faire ressortir les véritables traits de mon histoire. Aussi triste soit-elle, il faut l’accepter. Je me plonge petit à petit dans la noirceur qui m’entoure quand je suis à la maison. La fugue approche. Comme un cahier traîne dans mon sac, j’écris les partitions de ma création. Les notes se plaquent sur les pages blanches. Toutes ces mesures forment un joli dessin, plein de beauté, de poésie. La fugue est là. Mes doigts se remettent à courir sur les cordes. L’angoisse monte dans ma musique. La peur d’être aperçue s’entend sous ces vibrations. Mais la liberté commence à se montrer. La mélodie devient plus douce. Les quelques accélérations sont dus aux mauvais sentiments qui se représentent au fil de cet de libération. On sent bien que la musique se libère aussi. J’écoute ce que je produis, je dois le faire pour qu’elle soit vivante. Mais comme je respecte le temps, je range ma lyre et repars. A présent, le soleil étend ses rayons. Je considère que mon désir d’être libre est enfin réalisé. Le champ est immense et les fleurs sont nombreuses. Je marche. […]
         
Devant, un village se dessine. Les quelques toits dépassant de la colline attirent mon attention. Ils brillent sous les rayons du soleil qui réchauffent de plus en plus l’atmosphère. Je suis leurs reflets sur les vitres des petites maisons. Le clocher s’élève au centre du village. Les maisonnettes sont les soldats et l’église est leur chef. Pour montrer sa puissance, elle grandit son corps et sonne de milles cloches une mélodie comptant le temps. Les habitants lui sont proches et l’entourent. Ils veulent simplement protéger l’écoulement du temps.

---------VoUs M'eXcUsErEz PoUr ToUtEs LeS fAuTeS qUe Je PeUx FaIrE----------

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29 novembre 2006

°°...La PeUr...°°


::La peur_ chapitre 6::
J'aime bien ce passage, pour situer, il se passe après la convocation chez la directrice de l'école (après la bagarre, la mère de mon héroÏne (bien grand mot!!^^) est concoquée). Encore un passage plus que triste.. peut-être même violent : âmes sensibles s'abstenir !lol! voilà... bonne lecture ! ;-)

Ma mère rentre dans le salon et se couche sur le canapé. Elle se tourne plusieurs fois ne trouvant pas sa place. Puis au bout de quelques minutes de repos, elle commence à trembler. Au début ce n’est que les mains mais très vite, tout son corps ne se contrôle plus. Elle est prise dans un autre monde. Elle s’enfuit vers la sortie. Ses yeux deviennent blancs. Elle est en sueur. Les gouttes de transpiration s’écoulent le long de son front grelottant. Son visage devient pale, très pale. Une frayeur s’empare de moi. La voir comme cela ne me rassure pas. Je reste sans bouger de peur qu’elle me saute à la gorge. Une bête affreuse s’est emparée d’elle. Ses yeux sont à présents rouges sang. Emprisonnée de son malheur, elle ne commande plus ses gestes. La bête sudatoire se déchaîne sous ses pulsions diaboliques. Comme enchaînée et ne le supportant plus, elle arrache ses vêtements avec ses puissantes griffes. Moi, je suis là n’osant parler. Elle déchire d’abord son pull mais poursuit par son tee-shirt. Rien ne la soulage, elle doit se débattre, se faire su mal, aller encore plus loin. C’est au tour de son pantalon, n’arrivant pas à l’enlever correctement, elle s’y acharne avec ses serres comme un aigle venant défendre ses petits. Finalement, elle réussit à s’en débarrasser. Mais son cœur lourd sous sa poitrine demande à sortir et entraîne des hurlements atroces de ma mère. Elle souffre énormément. Toujours noyée dans les flots de transpiration, elle s’énerve. La bête qui est en elle veut sortir, retrouvée sa liberté mais ma mère, si faible qu’elle soit, se sent obligée de résister. Ses mains attrapent les dernières choses qui restent sur elle : ses sous-vêtements. Elles lacèrent tout sur leur passage. Ma mère se retrouve entièrement nue, sans aucune protection autre que sa propre peau. Elle crie.
         
Elle voit alors le couteau posé sur la table du salon, entre deux assiettes. Nous avons mangé ici la veille et nous n’avons pas ramassé le couvert. Suivant son regard et ses mouvements attentivement, je réussis à attraper sa main glaciale et brûlante à la fois. Mais ma mère parvient à se lever malgré son air vidé et récupère le couteau de son autre main. Je la tiens fermement. Dans sa main gauche, le couteau brille. J’arrive à retenir son deuxième bras. Mais ma mère réveille en elle une colère profonde et se débat. Je l’avais enfermée entre mes bras alors qu’elle venait de se libérer d’elle-même. Son désir d’indépendance la dépasse, maintenant, elle ne contrôle pas ce qu’elle fait. En se débattant, elle me pousse à terre. Je reste étendue quelques secondes sans connaissances. Je réouvre alors les yeux et vois qu’elle est penchée au-dessus de mon corps allongé avec dans sa main droite cette fois, son arme blanche. Mon regard est fixé sur son bras pouvant être déclenché à tout moment, et sur son visage si squelettique. Je n’ose bouger. Sur son bras tendu vers moi se dessinent les veines violâtres, ses muscles sont contractés et, en raison de son manque de nourriture, ses os ressortent et tendent sur eux la peau fine de ma mère. J’observe ce spectacle affreux. Ma mère va me tuer.
          
[…]
           Je me lève et cours jusque dans la cuisine rangée à présent. J’aperçois un paquet de cigarette posé là, sur la table. Je l’attrape. Ma mère court derrière moi avec le couteau à la main, serré bien fort entre ses doigts. Je trouve également un briquet. J’allume une clope. Elle me répugne mais si je ne le fais pas ma mère me tue. Je la lui tends dès qu’elle rentre dans la cuisine. Elle la regarde intriguée au début. Mais presque aussitôt elle me l’arrache des mains et en consomme quelques bouchées. La fumée l’envahit. Elle lâche le couteau. En tombant, il produit un bruit résonnant dans la pièce. Un bruit à en faire frissonner même un ogre. Je le ramasse et le range dans son tiroir. Ma mère s’assoit. Elle se repose. Elle est tranquille à présent. Elle ne pleure pas. Elle regarde simplement en face d’elle, fixant le mur. Je reste à ses côtés pour cette nuit. Je ne sais pas si je dois lui en vouloir.

Je vous informe juste que je vais participer au concours de nouvelles Etonnants-voyageurs donc je posterais ma nouvelle sur ce blog (après la date limite d'envoie pour pas risquer le copiage ! hein !^^). Voilà.

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23 novembre 2006

°_° ...VoYaGe - DiSpUtE - Le MaL... °_°


::encore et toujours... nouvel extrait ! _ chapitre 5::
Au programme : voyage dans l'espace (et oui je sortais d'un voyage au futuroscope alors quelques souvenirs me restaient... même beaucoup trop de souvenirs! :-p), ensuite, un petit défoulement (ça fait du bien quelques fois!!^^) et pour finir, une plongée dans le tragique (je sors des révisions de français alors ya des traces ! lol, et puis d'ailleurs bonne chance à tous pour le contrôle de deux heures ! il porte quand même un peu peine celui-là, pfiou!).


        J’ai peur de rester chez moi depuis la crise de ma mère. J’appelle cela une crise parce que rien de semblable ne lui est arrivé auparavant. De la fenêtre de ma chambre, j’aperçois la lune entourée d’une multitude d’étoiles. Certaines brillent énormément, d’autre plus faiblement. Si je me penche un peu, je réussis à voir la grande ourse, là-bas, à ma droite. Je ne reconnais que cette constellation par sa forme en casserole. Pourquoi la grande ourse ? Je ne sais pas, j’aime bien ce mystère. Je sais juste qu’il existe, sous le même aspect, la petite ourse. Ces deux groupes d’étoiles ne se sont jamais montrés devant moi ensemble. Je me suis donc dis que quand l’une est au Nord, l’autre devait être à l’opposée, au Sud. Je continue de regarder les étoiles dans cette nuit sans nuage. Elles me font rêver. Je ferme les yeux et pense au bonheur de les voir de plus près.
         
Je suis alors dans une fusée de l’espace. A travers le hublot, j’observe ces grosses billes de feu. Flamboyantes, elles réchauffent mon cœur. Elles mettent de la couleur dans ce ciel encré. Mon vaisseau se rapproche petit à petit de la planète Mars. Son sol n’est pas régulier. Je crois que j’ai une préférence pour cette boule de terre rouge. Elle me semble plus curieuse que toute autre planète du système solaire. Je continue ma course dans l’espace. C’est une immensité couleur geais dans laquelle je me noie avec joie. Je rejoins Saturne. Son anneau de roches et de poussière fait rêver tellement d’astronautes. Je tourne autour. C’est magnifique. Maintenant, direction l’astre de vie : le soleil ! Ce n’est qu’une gigantesque étoile. Il fait chaud. Très chaud. Je dois me tenir loin si je ne veux pas que l’acier de ma fusée fonde sous cette chaleur intense. Après avoir visité notre entourage, je redescends sur terre (ou plutôt sur la planète Terre). Le vaisseau se pose en une forte secousse. Je sors et rentre chez moi. J’ai fait un beau voyage. A présent, je peux dire : « j’y étais ! ». Je m’allonge sur mon lit et dors. Mes rêves défilent sous le ciel étoilé.
[…]
         
Je me lève, très énervée. Je fixe cette fille qui ne m’a jamais parlé d’un regard noir. Elle recule. Elle va enfin voir qui est la plus peureuse des deux. J’avance d’un pas. Elle ne recule plus cette fois. Les dents serrées, je fonce droit sur elle. La voix de la poupée revient : « Qu’elle parte ! ». Je me laisse diriger. Je n’aime pas cette fille et pour qui elle se prend d’abord ? Je la pousse d’un geste brusque. Elle crie alors : « Maîtresse, maîtresse ! ». Je n’aime pas non plus les rapporteuses ! La voix m’encourage dans mes mouvements, je ne peux lui résister. J’attrape les cheveux de la fille et tire de toute ma force. Elle hurle. La voix rit dans ma tête. Je me mets à rire également. C’est un rire sombre, sournois. Dès que je la relâche, l’intello court à toute vitesse vers la maîtresse. Après avoir tout écouté, la maîtresse me rejoint. La fille dans ses jupes est morte de trouille. Le rire dans ma tête revient. Je souris. La maîtresse, elle, ne sourit pas. Elle me regarde d’un air méchant. Elle ose juste me dire que ma mère est convoquée dans le bureau de la directrice le lendemain matin à huit heures. Son ton est sec. Je ne dis rien.
[…]
         
Je repars donc. La poupée dans mon sac à dos et le sac à dos à la main. La poupée sort sa tête. Elle continue à me regarder. J’ai honte d’elle. C’est elle qui m’a poussé à faire du mal à cette fille sage qui ne demandait rien. Je ne la regarde plus. Elle sourit encore d’un air gentil, toujours gentil, sûrement un peu trop gentil. Je ne montre aucun signe d’énervement mais dans ma tête, je tape partout. La folie s’empare alors de moi pendant quelques instants. Je jette mon cartable sur la route. Je donne un grand coup de pied dedans. La poupée horreur vole dans l’air. La voix hurle à nouveau dans ma tête. Elle crie tellement que je m’agenouille et me tien la tête très fortement. J’ai mal. Pourquoi me fait-elle du mal comme ça ? Je l’attrape. Je la rejette à terre. Elle ne s’arrête plus d’hurler. Elle a mal. J’aime bien lui faire du mal. Je la reprends dans ma main. Je suis toujours à genoux sur la route. Je la tiens fermement et, par de grands mouvements, je cogne sa tête contre le bord du trottoir. Le crie final est insupportable. Je m’allonge entièrement et laisse la poupée écrasée sur la route. Je ne sais pas combien de temps je suis restée ainsi.

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16 novembre 2006

° chapitre 4 :: tout pitit bout ^^ °

:: tout pitit pitit extrait de roman.. (je trouve pas ce chapitre super bien écrit alors je savais pas trop quoi mettre !) _ chapitre 4 ::

Je vous avertis juste que mon roman est bel et bien fini ! Youpla boum Génial !!! Il ne manque que les quelques modifications orthographiques… Pour cet extrait, rien d’important à dire, simplement que j’espère qu’il ne vous laissera pas indifférent et que l’ambiance sombre vous semble réussie. Pour préciser un peu l’histoire pour ceux qui ne la connaisse que par ce blog :: dans ce chapitre 4, ma tite fille fait la connaissance d’un certain Joachim (et oui c’est pour toi ! [L] ) qu’elle reverra plus tard. Et elle retrouve sa mère après une première crise en manque de fumée et dans son état pitoyable. Voilà, bonne lecture ;-)

Puis tout s’enchaîne. Je tire sur les cheveux, un visage monstrueux se montre devant mes yeux, je lâche la poupée. J’aurais dû me douter que cette chevelure raide appartient à la poupée horreur. La voix y était aussi. J’ai repris la poupée, à présent elle ne me quittera plus, comme elle l’a si bien expliqué. La voix continue à hurler dans ma tête. La douleur qu’elle a ressentie en tombant par terre se retransmet en moi en un puissant hurlement. Je la ramasse alors, épuisée par ce cri terrible. La voix s’élève douce maintenant, elle explique que rien ne nous séparera puis elle m’oblige à la serrer dans mes bras. Complètement abattue depuis le cri, elle réussit à diriger tous mes mouvements et mes bras se referment tranquillement sur son corps frêle. Mes jambes me ramènent sur mon lit. Je m’allonge. Je dois dormir. La poupée reste entre mes mains, sur mon cœur. Je ne suis plus moi, mais cette poupée horreur qui m’est tombée dessus sans prévenir. Je n’agis plus que par sa voix.

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06 novembre 2006

°_° Mon coin loin du monde et de ses soucis °_°

:: Un autre extrait de mon roman (je sais un peu long mais bon quand l'écrivaine ne peut plus s'arrêter...^^) _ chapitre 3 ::
( Je ne vous mets pas l’extrait en entier de peur de vous décourager avant la fin de la lecture donc quelques passages ont été remplacés par […] )
Certaines personnes aiment beaucoup ce chapitre donc voilà… maintenant à vous de juger !

      Je suis seule. Seule mais tranquille. Les trottoirs me paraissent interminables. Les maisons de mon lotissement sont toutes alignées de la même manière et symétriques par rapport à la route principale. Tout semble trop parfait, trop bien rangé. C’est vide. L’atmosphère est bizarre, sans aucun individu. Le vent arrive quand même à pénétrer à travers mes vêtements, il est frais. Mes cheveux volent derrière moi, soulevés par cette brise de printemps. La monotone avenue est maintenant dépassée. Ce n’est qu’un vieux souvenir. Je me dirige vers le futur, l’imaginaire même. J’emprunte un chemin étroit et couvert. Les rayons du soleil s’infiltrent entre le feuillage et donnent alors une lumière émeraude. Elle se reflète dans de petites flaques d’eau qui s’évaporeront certainement dans la journée. Je sillonne ce sentier avec entrain. J’en arrive même à siffloter une comptine me rappelant mon enfance. Cette chansonnette m’était fredonnée par mon grand-père chez qui j’aime bien me détendre. Jamais un souci n’est présent dans sa demeure. Je l’appelle sa « demeure » car nous y sommes en sécurité et qu’il nous traite comme princes et princesses. Tout le monde est le bienvenu et aucune différence n’est notée. Je m’y recueille quand je suis perdue ou qu’une question qui mérite d’être réfléchie se pose. Tout est simple auprès de mon grand-père.


[…] Je suis entrée dans mon univers, mon merveilleux. Etendue, je fixe à présent les nuages. Je suis amusée de leurs multiples formes. Retournant dans mon enfance, j’imagine les animaux qui pourraient s’y dessiner. Un poisson par-là se jette hors de l’eau, un dragon semble sourire, un éléphant est digne, fier d’être imposant. Mais personne n’est inquiet. Même l’antilope près du guépard ne s’avère pas peureuse ni fuyante, elle broute le bas du nuage tranquillement. J’adore ce jeu qui, quand on y réfléchit, permet de faire naître en nous la passion de l’insolite. Cette passion, je l’ai en moi depuis très petite, peut-être suis-je même naît avec. Certains doivent aller la chercher, la capturer. D’autres pensent simplement qu’elle n’a rien à faire dans leur vie. Mais je trouve que cela mérite concertation. Sans imagination, personne ne survivrait, même le plus parfait des hommes. Elle apporte une ouverture d’esprit, une autre culture qui peut-être peut se révéler irréelle pour certains mais qu’y ne l’est en aucun cas. Pour ma part, c’est plus qu’un besoin, c’est une obligation. Elle me tient debout.

[…] A ma droite, se trouve un beau coquelicot. Ce sont de très belles fleurs mais elles sont si éphémères que nous n’en profitons jamais assez. Il suffit d’une petite brise pour que les pétales écarlates se dispersent à travers le ciel. Mais si nous sommes présents dans un moment comme celui-ci, nous pouvons alors nous ébahir devant la poésie de cet envol. Le cœur noir n’est plus protégé, il a froid sans son manteau rouge. Un jour s’est alors écoulé et il meurt. Mon corps le protège encore quelques temps, mais après ? Ses couleurs sont assombries par mon ombre aplatie au sol mais sa beauté ressort malgré tout et vit. Je n’ose plus bouger. Je protège cette nature de toute force supérieure. C’est la première fois que je me sens puissante, une puissance plus grande encore que celle que peut m’attribuer le chêne au fond de la cour de récréation. Cet endroit est merveilleux. Il restera dans mon estime. Je me promets alors d’y revenir. J’arrête de jouer et me repose.
      
La chaleur du soleil se dépose sur mon corps allongé. Ma lyre est posée sur l’herbe. Elle attend. Le support des cordes brille d’un doré presque magique. Mes paupières se ferment. J’écoute alors le bruit de l’eau. […] Ici, près de ce lac aux couleurs azurées dont les reflets violets illuminent les alentours, j’ai l’étrange impression de ressentir toutes sensations. Je me sens bien. Dans cet élément, mon élément, je suis parfaite, sans défauts à reprocher automatiquement. Je respire les douces odeurs des forêts m’entourant, la bonne odeur des bois humides malgré la lourde chaleur. La sève aussi renvoie un arôme miellé. Après ce long repos, je rouvre mes yeux et observe encore un fois l’horizon qui s’offre devant moi. J’attrape ma lyre en frôlant l’herbe. Le toucher de ce sol frai et confortable m’envahit de douceur. Je pianote sur les cordes de ma lyre, ensevelie d’impressions irréelles. Un nouveau monde s’offre à mon ancienne vie. Mais ce monde est imaginaire et je ne peux pas y pénétrer. La mélodie se veut tendre. Je me lève, emportée d’un bonheur soudain. Je me dirige vers le lac. J’enlève une chaussure, puis l’autre. Mes pieds souhaitent être libres depuis des années mais je leur interdis chaque mouvement. Aujourd’hui, ils peuvent prendre une dose de liberté. J’autorise tout. Ils hésitent et puis se lancent enfin. Mes orteils frôlent d’un geste fluide l’eau du lac. Un pied, puis l’autre. Ils s’amusent même à former de jolis cercles. L’instant de loisir est fini. Mes pieds sont à nouveau enfermés dans mes chaussures. Le jeu est terminé.

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25 octobre 2006

°_° MoN cHêNe °_°

:: Petit extrait de mon roman (et oui, je ne mets que certains passages, faut quand même laisser le suspens…^^) _ chapitre 2 ::

Celui-là il est court alors faites-moi le plaisir de le lire ! ;) ::lol:: J’aime bien ce passage, il me reflète peut-être un peu… Il m’est très cher, il me réconforte,  en gros :

[L] je l’aime [L]

Bon voilà ! C’était une spéciale dédicace à MOI !^^       (---------> faut bien quelque fois ! Moi ? Égoïste ? Non, ce n’est q’une impression !lol  ;-p   ;-D   ;-)   ;-D   ;-)   ;-p   <---------)

          Dans la cour, il y a un arbre, un chêne. Il est très vieux et isolé des jeunes arbres sous lesquels les autres enfants jouent. Je m’assois souvent à son pied. J’ai toujours l’impression qu’il m’écoute alors je lui parle. Il me comprend. Lorsque je ferme les yeux pour réfléchir, il reste là, au fond de moi, à me sourire gentiment. L’été, il me fait de l’ombre et l’hiver, laisse passer les quelques rayons de soleil au travers de ces branches dénudées pour qu’ils viennent réchauffer mon maigre corps. J’aime rester auprès de lui. C’est mon seul véritable ami. Les autres, ils parlent tout le temps et n’écoute jamais. Moi, je n’aime pas parler. Les autres, ils jouent et s’amusent. Moi, je n’aime pas jouer. Les autres, ils se disputent. Moi, je n’aime pas les disputes idiotes. Alors moi, je m’éloigne d’eux et ne parle pas. C’est ainsi que j’arrive à être en paix. Le silence tue les ennuis, il est plus fort. Rien n’est plus fort que le silence. Même le bruit s’abaisse devant lui. Lorsqu’il n’y a plus un seul son, je me sens protégée, allégée d’un poids trop lourd à supporter pour une enfant. Quand l’arbre me berce, personne n’ose venir me parler. Ils ont peur. Peur de la puissance du chêne transmise en moi, en mes bras, en ma tête. Je me sens forte. Peut-être trop.

(Hey ! Laissez des comzzz ! mirci !!)

Posté par mytiq à 21:32 - [] roman [] - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 octobre 2006

° Ma VrAiE tItE bUlLe --> MoN rOmAn °

Première apparition de mon roman sur ce blog, dîtes-moi franchement ce que vous en pensez, ce qui ne va pas, remarques, longueurs peut-être ? En tout cas, faites-vous plaisir et bonne lecture !! ;) Je vais essayer de poster des extraits assez régulièrement et dans l’ordre de l’histoire si possible mais je préciserais toujours le chapitre au cas où !

:: Voici le tout début de mon roman _ chapitre 1 ::
Au travers de ces deux extraits, je vous présente la situation de mon héroïne : son père est parti quand elle avait trois ans, sa mère, depuis cette date, s’enferme dans la cigarette mais à quel risque ? À quel prix ?...

          Je ne pense pas vous mentir en affirmant que ma vie s’est construite autour de galères. Galères… Je ne vais pas non plus vous cacher ma haine envers les gens. Envers ces gens qui en un regard, arrivent à vous persuader que vous n’auriez jamais dû appartenir au même monde qu’eux. Envers ceux qui pensent qu’une petite fille doit sourire tout le temps. Mais le temps est trop court. Trop court pour penser à sourire. Envers ceux qui sont lâches et qui ne le reconnaissent jamais. Mon père est lâche. Envers ceux qui n’assument pas cette lâcheté et s’enfoncent tranquillement vers l’obscurité. Ma mère est des leurs. Elle n’a peut-être rien demandé mais c’est ainsi. Envers les amis et les ennemis. Je n’aime pas les amis mais je n’ai pas d’ennemis.
         
Je disais, galères. Qu’on ne me dise plus que mon père était honnête. Partir un matin, sans mot, sans signe, c’est horrible pour une enfant qui ne connaît pas encore suffisamment l’amour qu’elle aurait pu recevoir de son père. Maintenant, je ne sais même plus quel est le sens de ce mot. Il est juste marqué d’injustice, de rage. C’est également horrible pour une mère qui n’avait pas encore assez de repère dans sa nouvelle vie de maman. Depuis cette date, ma mère dépense sa solitude dans des centaines de cigarettes ridicules. Je n’ai plus de père et ma mère semble toujours absente. Je ne suis pas triste. Je suis sombre.

          […]

          A son départ, mon père m’avait laissé une poupée, comme s’il souhaitait mon pardon à travers cette chose laide et grossière. Elle se trouvait sur la table du salon, comme ça. Elle avait les cheveux noirs qui tombaient sur le côté de la table. Elle paraissait morte, comme ma mère au départ de mon père. Ses bras pendaient le long de son corps maigre, repoussant toute attirance. Sa peau était lisse mais grise, grise avec le temps. Elle ne souriait pas. Ses yeux étaient petits mais puissants. Une puissance qui transperçait sans mal le cerveau d’un enfant, qui pouvait à tout moment le tuer. Elle faisait peur. Je n’osais pas la toucher. Elle resta là, timide et las, sans protester. Moi aussi je restai alors des heures debout, devant elle à la fixer, essayant de ne jamais croiser son regard si dur. Sa laideur couvrait une beauté réelle qui me rendait jalouse. Derrière ses yeux mauvais, se retrouvait la petite fille adorable qu’elle avait été auparavant. Mais quel était le déclencheur de sa tristesse ? Je l’observai de haut en bas sans oublier un seul détail. Ses vêtements étaient encore propres. Un linge bien repassé, sans défaut. Avant, elle avait été sage.

Posté par mytiq à 21:13 - [] roman [] - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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